Partie 2
« Maman, ne nous attends plus ce soir — nous sommes tous les six ensemble, et nous allons bien. »
Je relus la phrase une deuxième fois, debout sur mon perron, pendant que le policier attendait sans bouger.
Je ne savais pas encore si je devais rire, pleurer, ou simplement respirer.
Je le fis entrer d’un geste, parce que je ne voulais pas lire ce mot toute seule sur le seuil.
Il se présenta calmement, comme on se présente quand on apporte un message et non une mauvaise nouvelle.
L’agent Samuel Ross me regarda avec une attention tranquille, sans hâte et sans dramatique.
Je lui demandai s’il savait qui avait écrit ce mot.
Il me répondit que le mot lui avait été remis plié et scellé, et qu’il avait seulement accepté de le porter jusqu’à moi.
Je m’assis à la table de la cuisine, là où j’avais attendu toute la journée.
Les sept couverts étaient encore là, intacts et inutiles.
Je dépliai le papier lentement, comme si je craignais de déchirer quelque chose de fragile.
La suite du mot était écrite d’une main pressée, mais lisible, et je reconnus peu à peu l’écriture de Sarah dans les pleins et les déliés.
« Nous sommes chez Sarah, disait le mot, et nous avons passé la journée tous les six sous le même toit. »
Je sentis mes épaules redescendre d’un coup, comme si mon corps comprenait avant ma tête.
Le mot expliquait qu’ils avaient bien voulu venir, et qu’ils avaient préparé ce voyage depuis des semaines.
Mais une tempête avait cloué les avions au sol, et les routes étaient devenues impraticables par endroits.
La voiture de Marc était tombée en panne sur la route, loin de toute gare, et il avait dû attendre une dépanneuse sous la pluie.
Je revis soudain mon fils petit,







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