mettre entre leur père et moi.
Je repensai aux soirs où j’aurais pu raconter ma fatigue, et où j’avais choisi le silence pour les protéger.
Je compris ce soir-là que mon silence, voulu comme une protection, avait laissé une place vide qu’un autre récit avait occupée.
Je me levai enfin, je rangeai la tasse, et je cherchai dans un tiroir un vieux carnet d’adresses pour noter un numéro.
Je soulevai des papiers, des factures anciennes, et des photos glissées entre les pages d’un agenda.
Je retrouvai des listes de courses d’autrefois, des mots d’école, et des dessins pliés en quatre par des mains d’enfants.
Je souris malgré moi devant ces traces, parce qu’elles racontaient des années où la maison ne se taisait jamais.
Je cherchai encore, plus lentement, comme si le tiroir lui-même me demandait de ne pas me presser.
Je déplaçai un paquet de vieilles enveloppes, et je sentis






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