raccroché, je suis restée assise un moment, sans rallumer la télévision ni relire ma lettre.
Je repensais à sa voix, non pour chercher une faille, mais pour retenir qu’il avait parlé en son nom.
Je me disais que mes six enfants m’avaient désormais répondu, chacun à sa manière, chacun en son temps.
Je ne me disais pas que tout était réparé, parce que je savais que des réponses ne réparent pas une journée vide.
Je me disais seulement que la conversation avait changé de place, et qu’elle ne passait plus par des récits anciens.
Je me suis levée pour préparer une tisane, et je l’ai bue lentement, près de la fenêtre, sans me presser.
Je pensais à la suite, sans la décider tout de suite, parce que je ne voulais plus décider seule et vite.
Le lendemain matin, je suis sortie chercher le courrier comme chaque jour, sans attendre rien






Comments