des matins à remplir des rayons, des soirs à nettoyer des bureaux, et des nuits à dormir assise à cette même table.
J’y racontais un poulet partagé sur trois dîners, des robinets réparés avec des outils prêtés, et des chaussures neuves achetées avant les miennes.
Je n’y accusais personne, je n’y suppliais personne, et je n’y demandais pas qu’on me plaigne.
Ces pages étaient des faits, notés au jour le jour, parce que j’avais peur d’oublier ce que ces années m’avaient coûté.
Ces LETTRES jamais envoyées n’étaient pas des reproches, mais des faits que je n’avais jamais dits à voix haute.
Je lus la deuxième page, puis la troisième, et je sentis une tristesse calme, sans colère, me traverser.
Je m’arrêtai sur une phrase où je notais simplement que les enfants avaient bien mangé ce soir-là, et que cela me suffisait.
Je revis les anniversaires d’autrefois, les bougies plantées de






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